Le saviez-vous ?

Lors des Vœux (le 11 janvier dernier), les conseillers municipaux enfants ont relaté avec fraîcheur et humour quelques anecdotes historiques goulainaises.

La plupart des histoires suivantes a été confiée aux jeunes élus par des habitants lors du Repas des Aînés. Voici leur intervention dans son intégralité.

- Bonjour, en tant que Goulainais et fiers de l’être, êtes-vous sûrs de bien connaître votre commune ? En tout cas, c’est ce que nous allons voir. Connaissez-vous l’histoire du pilote américain ? non ? Et l’histoire de la mitraillette ? non plus ? Alors, ouvrez bien vos yeux et vos oreilles.

- Bonjour messieurs-dames, je suis journaliste et je cherche des histoires ou des anecdotes sur Haute-Goulaine. Savez-vous à qui pourrais-je m’adresser ?

- Bonjour madame la journaliste au beau chapeau !

- Mme Chapeau, JOURNALISTE !!!

- Les bonnes personnes sont devant vous ! Quel genre d’histoires recherchez-vous ?

- Par exemple, Les premières traces humaines à Haute-Goulaine ?

- Il y a 50 000 ans, c’est la fin du Paléolithique. Des habitants préhistoriques se fixent sur les rives du Marais de Goulaine qui était alors un lac. Ces chasseurs et pêcheurs    bâtissent des villages lacustres probablement sur les rives du marais. Le Musée d’Histoire Naturelle de Nantes expose des vestiges de pilotis à demi fossilisés qui témoignent de leur présence.

- Des haches en pierre polie, des pointes de flèches, des hameçons et de petits objets en silex...

- Plus proche de nous, il y a 6 000 ans : nous sommes au Néolithique. C’est l’époque des premiers agriculteurs sédentaires. En 2010, des recherches archéologiques préventives sont réalisées par l’INRAP aux Cléons et permettent de découvrir un site néolithique bien conservé.

- INRAP comme Institut National de Recherches Archéologiques Préventives.

- Sur la zone de fouilles les archéologues, ils ont découvert des céramiques, des silex ainsi que de nombreux ossements.

- Sangliers, cerfs, aurochs, bœufs...

- Super ! Les Goulainais savaient déjà faire des beaux festins ! En parlant de marais, comment il a évolué avec le temps ?

- Le Marais, ouvert sur la Loire, est utilisé dès la Préhistoire. Son aménagement est effectué par les Marquis de Goulaine à partir du XVIIe siècle. Les canaux sont exploités par les paysans pour le commerce de vins, eaux-de-vie, chaux, céréales...

- Encore de quoi faire des festins !

- Parmi les ports "commerciaux", on peut citer les ports de la Bonodière, des Grenouilles, de Pierre Plate, des Brosses et bien d’autres…

- Pourquoi ne sont-ils plus utilisés pour le commerce ?

- En 1847, la construction de la levée de la Divatte enferme le marais, met fin à l'activité économique qu'il générait et contribue à son envasement.

- Et pendant la guerre alors ?

- Il y a plein d’histoires à raconter. Il y a, par exemple, l’histoire du pilote américain.

- Hello, je suis un ancien pilote de l’armée américaine, Le 19 juillet 1944, mon avion s’est écrasé à Vertou. J’ai donc sauté en parachute et je suis tombé au Bois-Brûlé.

- Vous avez été brûlé ? Ça a dû être chaud…

- Mais nooon !!! C’est le nom d’un lieu-dit entre Basse et Haute-Goulaine.

- J’ai pu ensuite rejoindre le village Bel-Abord. Entre nous, je préfère Bel-Abord que Bois-Brûlé.

- Bel-Abord, c’est entre la Boulaie et le centre-bourg.

- J’ai été caché dans le bourg par le boucher pendant 2 jours et puis ensuite une quinzaine de jours chez Léon loin du bourg car c’était plus sûr. Léon m’a accompagné en bicyclette jusqu’à Clisson où j’ai pu rejoindre une filière d’évasion. Alors thank you aux Goulainais de m’avoir sauvé la life !

- Belle histoire ! Une autre, une autre, une autre…

- Il y a aussi l’histoire du soldat prisonnier libéré grâce à des Goulainais.

- Bonjour, pendant la guerre, j'étais prisonnier parmi plusieurs milliers. Nous marchions vers Nantes, nous étions fatigués et avions soif, très soif. En arrivant à Haute-Goulaine, les habitants nous avaient préparé aux bords de la route de Clisson des portoirs d’eau et de vin. J’ai profité d’un moment d’inattention des soldats allemands et j’ai couru vers une maison. Il y avait une maman et son fils qui étaient en train de jardiner. La maman m’a donné des vêtements et a discrètement enfoui ma tenue de prisonnier dans le jardin. Je n’oublierai jamais leur visage car ils m’ont aidé à retrouver ma liberté...

- ... égalité, fraternité !

- Voilà une histoire très touchante. Une autre ?

- Une autre, une autre, une autre…

- Il y a aussi l’histoire de la bonne sœur infirmière après la guerre.

- Bonjour, moi j’étais sœur infirmière à Haute-Goulaine. En 1952, la commune a mis à ma disposition un vélomoteur. 4 ans plus tard, c’est le grand luxe puisque le Conseil municipal m'a acheté une 2 CV.

- Et moi, quand je t’ai succédé en 1959, j’ai demandé le remplacement de la 2 CV car elle était bien usée. Alors le Conseil accepta seulement de changer les pneus et le capot de la Deudeuche.

- Ah dis-donc, elle va marcher beaucoup mieux forcément !

- Encore une autre !!!

- Et moi, encore gamin à la fin de la guerre, j’ai trouvé, avec des copains, une mitraillette à côté d’un canon. Alors on l’a caché dans un marronnier et on venait jouer avec de temps en temps. Quand l’automne est arrivé, les feuilles sont tombées et la mitraillette était visible par tous y compris les parents. Imaginez leurs réactions !

- Super, encore une belle histoire !

- Tiens, je suis passé par un endroit qui s’appelle "La Louée". Quelqu’un sait pourquoi ce nom ?

- Moi, je sais ! C’est l’endroit où on trouve des poulets… à la Louée !

- Mais nonnnnn ! Moi, je la connais la vraie histoire : à la Saint Martin, les ouvriers agricoles venaient "se louer" à des propriétaires éventuels. Quand l'accord était conclu, ouvriers et patrons célébraient leur bonne entente dans les débits voisins, à l'occasion d'une fête locale qui réunissait attractions et bals. Cette réunion se poursuivait encore dans les années 1950.

- Très divertissant ! Encore des festivités sur Haute-Goulaine ! Une petite dernière ?

- Une dernière, une belle dernière ! hummm... Tiens ! L’histoire de la garde de l’antenne de la Louée...

- Pendant la guerre d’Algérie, quelques habitants se sont portés volontaires pour protéger l’antenne de la Louée contre d’éventuels attentats. Solidarité oblige, nos "gardes-antenne" ont été bien servis à boire et à manger, surtout à boire, par d’autres Goulainais. Autant dire qu’ils avaient de quoi passer les nuits de gardes avec gaieté !

- Oh ces Goulainais alors, ils connaissent l’art de la fête depuis la préhistoire !

- Merci pour toutes ces belles histoires sur Haute-Goulaine. En espérant qu'elles vous aient plu... Nous les avons collectées lors du Repas des Aînés. Merci à eux pour ces beaux souvenirs !